Quelques citations complètement inventées sur la perte des connaissances générales:
Les élèves ne savent plus rien.
L’IA les empêche d’apprendre.
Les élèves n’ont plus de respect pour les sources fiables – ils consultent, croient et écrivent n’importe quoi.
(citations auxquelles on peut joindre des textes d’auteurs classiques sur la perte de niveau, l’inutilité de l’enseignement etc).
L’avènement de l’intelligence artificielle a mis aux utilisateurs des outils qui peuvent générer des documents, des images et du multimédia de façon artificielle. Cette série est à lire comme un blog – dans l’autre sens, avec le .
- Intelligence artificielle
Tout à coup, un logiciel permet de produire des textes, des images, des audios et vidéos plus ou moins crédibles. Plus besoin de tous les savoirs sous-jacents. - Internet rapide et sans fil
Tout à coup, plus besoin de disposer d’un ordinateur avec un accès à Internet. - Wikipedia
Tout à coup, la connaissance est centralisée et accessible. La contradiction et correction communautaires remplace la vérification par des autorités. - Google
Tout à coup, plus besoin de savoir où chercher. - Encyclopédies informatisées
Tout à coup, plus besoin de transporter des dictionnaires ou encyclopédies. - Dictionnaires en classe
Tout à coup, plus besoin de connaître les vocables. On peut chercher leur signification exacte, vérifier une orthographe, soumettre un doute. - La calculette
Tout à coup, plus besoin de techniques de calculs. Même s’il est important de connaître les mécanismes de calcul.
Chacune de ces étapes peut être perçues comme une perte (supplémentaire) de connaissances de base.
Mais aussi:
- Photocopies
Tout à coup, on peut multiplier des textes. La détection est plus ou moins complexe. - La typographie
Tout à coup, plus besoin d’un imprimeur ou d’une installation complexe. Une machine plus ou moins simple permet de produire un texte. Sans révision, sans garanties. - L’impression
Tout à coup, plus besoin d’écrire à la main. On peut obtenir des milliers d’exemplaires sans problème. Mais aussi, plus de garantie de la source. - Écriture
Tout à coup, plus besoin de retenir un texte ou de mémoriser des données. On peut les fixer, les transporter dans l’espace et dans le temps. Plus besoin de contact face à face. Plus de garantie non plus sur la véracité des données ou des sources.
Pendant des siècles, le cheval a été le moyen de transport le plus important. Mais les jour d’aujourd’hui, presque plus personne ne sait monter à cheval.
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Pour documenter ces aspects épistémologiques, j’ai monté un NotebbookLM (Gemini Notebook) et je lui ai posé cette question:
Dans quelle mesure des inventions comme
l’intelligence artificielle, l’Internet rapide et sans fil, Wikipedia, Google, les encyclopédies informatisées
les dictionnaires en classe, la calculette
et aussi d’autres inventions humaines qui ont révolutionné l’accès à la connaissance, pas forcément correcte
ont contribué à un faux savoir, un savoir paresseux pas toujours correct
Voici la réponse:
L’histoire des inventions révolutionnant l’accès à la connaissance montre une tension constante entre la démocratisation du savoir et le risque d’un savoir superficiel, paresseux ou erroné.
L’Intelligence Artificielle et le «Botshit»
L’avènement de l’IA générative a introduit des risques inédits de désinformation.
- Hallucinations et fausses vérités : Contrairement à l’esprit humain, l’IA ne « pense » pas mais associe des mots et des nombres. Cela mène à des « hallucinations » ou « botshit », où la machine génère des réponses fluides et assurées, mais factuellement fausses.
- Érosion de la pensée critique : L’utilisation de chatbots pour obtenir des réponses immédiates court-circuite le processus de recherche. En s’arrêtant à la réponse de l’IA, l’utilisateur perd la capacité de retracer la construction de l’information et d’en évaluer la solidité, contrairement à une démarche sur Wikipédia qui permet de consulter les sources et l’historique.
Internet et l’Effet Google
Si Internet offre un accès sans précédent à la sagesse humaine, il contribue aussi à une forme de paresse cognitive.
- L’Effet Google : Ce phénomène suggère que nous avons tendance à oublier les informations que nous savons pouvoir retrouver facilement en ligne.
- Accès n’est pas apprentissage : Tom Nichols souligne que malgré un accès illimité au savoir, on observe une montée de l’anti-intellectualisme. Les gens sont souvent résistants à l’apprentissage réel, se contentant d’une culture superficielle où la vitesse prime sur l’expertise.
L’Impression et la Typographie : Des erreurs historiques
Le passage du manuscrit à l’imprimé n’a pas été exempt de défauts.
- Perpétuation des erreurs : Durant le premier siècle après l’invention de Gutenberg, l’imprimerie a autant servi à perpétuer des erreurs flagrantes qu’à diffuser des vérités éclairées.
- Abondance et confusion : Comme aujourd’hui avec le numérique, l’explosion du contenu imprimé a créé un environnement où coexistaient des textes authentiques et inauthentiques, submergeant parfois les lecteurs incapables de trier ces informations.
Calculettes et Dictionnaires : Entre aide et dépendance
Ces outils ont souvent été stigmatisés par crainte d’un appauvrissement des compétences fondamentales.
- Stigmate de la «triche» : La calculette a longtemps été perçue comme un outil favorisant la paresse, nuisant à l’acquisition des compétences de base en mathématiques.
- Remplacement vs Soutien : Le consensus actuel est que ces outils doivent soutenir les calculs mentaux et manuels, et non les remplacer, pour éviter une dépendance qui affaiblirait la compréhension conceptuelle.
- Standardisation : Les dictionnaires, tout en unifiant la langue, imposent une norme qui peut être vue comme limitant la diversité linguistique et figeant la pensée dans des cadres préétablis.
L’Écriture et la «Bibliothèque de Babel» numérique
L’évolution de l’écriture vers le numérique transforme notre rapport au monde.
- Données sans pensée : À l’image du personnage de Borges, Funes le Memorieux, qui se souvient de tout mais est incapable de penser (car penser exige d’oublier les différences et de généraliser), le monde numérique accumule des masses de données qui ne deviennent pas automatiquement du savoir.
- Labyrinthe de données : Le monde numérique est devenu une «Bibliothèque de Babel» : un réseau infini de serveurs où la vérité est noyée dans une mer de données insignifiantes ou contradictoires, guidée par des algorithmes invisibles que personne ne comprend pleinement.